Titre

"Prendre soin de soi, pour prendre soin des autres"

Relation Enseignant/Enseigné


Notion de KAJI - 2ème Partie

 


Nous  devons  nous  rendre  à  l’évidence  que  dans  la  pratique  du  Reiki,  puisque  c’est  là  où  je  veux  en  venir,  force  est de constater que nous sommes à des années-lumière de cette façon de transmettre, mais aussi de recevoir l’enseignement et l’énergie Universelle (l’énergie Reiki).


On peut se dire que les conditions sont différentes et par conséquent, les rapports entre les personnes le sont également. J’entends poindre les sempiternelles remarques du style : « Oui mais nous ne vivons pas à l’époque de Mikao USUI ! Oui, mais nous ne sommes pas des Japonais ou des Asiatiques ! Il faut évoluer, le monde évolue, les choses changent. Il faut suivre le cours de la vie ! Etc. »

Tout cela est exact et il est certain que nous devons suivre le cours de la vie. Mais tout de même ! Quand est t-il de l’amour et de la gratitude du disciple ? Je n’ai pas la prétention de développer ici tous les aspects de la relation, je laisse à chacun le soin de faire sa propre analyse.

Mon but est d’attirer l’attention des « Enseigneurs » et des « Enseignés » pour conserver ou retrouver l’essence de la transmission du Reiki, avec l’espoir que cela se reflète un jour au niveau de l’Humanité.

Pour que ce vœu se concrétise, nous devrons passer par des étapes et commencer à faire un constat, car comme dit Isabelle PADOVANI :

                               « Il y a une chose qui n’arrive pas à passer les frontières, ça a dû rester à la douane, c’est ce sens du Respect,

                                                                                                  c’est ce sens d’Honorer et de l’Humilité ! ».


En effet, quand est-il du Respect, de l’Honneur et de l’Humilité ?
                                             Est-ce que le Respect doit être banni de nos relations au XXIème siècle ?

                                             Est-ce que l’Honneur a encore un sens pour nous ?

                                             Nous arrive t-il d’Honorer, de rendre Grâce encore aujourd’hui ?

                                             Sommes-nous suffisamment Humble dans nos vies ?

Combien de personnes passent à côté de leur bonheur, de l’amour, de l’éveil de leur conscience ou du sens profond de leur vie, simplement par manque d’Humilité ?

Prenons un exemple très simple. Il nous arrive parfois d’aspirer à suivre une formation ou un enseignement pour « donner un sens profond à notre existence ». A combien de questionnements et de doutes avons-nous été confrontés entre le moment où nous avons eu conscience de notre élan et le moment où nous l’avons réellement concrétisé ? Quelles ont été les tentatives de blocages de la part de notre mental ou de notre égo pour nous empêcher d’y accéder ?
Si nous aspirons à nous « Eveiller », nous devons nécessairement nous poser certaines questions (et observer ensuite).

Sommes-nous suffisamment humbles pour recevoir l’enseignement ? Sommes-nous ensuite suffisamment humbles et courageux, pour mettre en application ses principes ? Enfin, sommes-nous capables de faire bouger d’un millimètre notre point d’ancrage ?

Parce qu’en fait : « La vie est un perpétuel enseignement ! ». Je n’ai pas le moindre doute que l’être humain (et j’en fais partie) a un vrai « Travail » à faire sur tous ces aspects. Ils sont toujours présents et imprègnent de façon erronée (mal ajustée) notre relation à nous-mêmes, aux autres, et à la Vie en général.


                                                                                                                               L’exemple Japonais


C’est une grande leçon de vie pour tout Occidental lorsqu’il découvre le Japon, d’observer comment les gens se respectent et comment ils vous respectent. Partout ils saluent, ils honorent, ils célèbrent. Ils prennent le temps de s’excuser, même pour des raisons qui nous paraissent futiles ou des causes que nous n’avons pas perçues. Leur sens de l’honneur est très haut placé et cela les conduit parfois à des extrêmes. Il y a plusieurs mois, le président d’une grande entreprise avait mis en péril la vie de sa société. Il  s’est suicidé peu de temps après que l’affaire ait éclaté pour laver son Honneur et préserver celui de sa famille. Autre exemple, je me souviens que lors de notre voyage au Japon à l’automne 2008, le guide nous a expliqué que si nous étions perdus, il était préférable de prendre un taxi pour rentrer à l’hôtel plutôt que de demander notre route à un passant. Nous avons été  surpris de cette recommandation et lui en avons fait la remarque.

Il nous a précisé : « Si vous demandez votre route à un Japonais, son honneur le met en devoir de vous renseigner ; en l’occurrence lorsque vous êtes touristes car c’est un Honneur pour tout Japonais de recevoir un étranger. Malheureusement il est parfois difficile, même pour un Japonais, de donner une information précise. Si le cas se présente, vous constaterez que cette personne sera très embarrassée et mal à l’aise, car elle ne pourra satisfaire votre demande. C’est la raison pour laquelle je vous recommande de prendre un taxi ou alors, d’user d’un stratagème. Celui-ci consiste à vous placer devant un plan de la ville et à jouer au touriste qui cherche sa route (ce qui en l’occurrence sera le cas). Dans ce genre de situation, vous verrez assez rapidement une personne se présenter à vous. Elle s’exprimera le plus souvent en Anglais pour communiquer et fera le maximum pour vous orienter ou vous donner l’information. Le cas échéant elle se renseignera  auprès d’autres passants et si ce n’est pas trop loin,  vous accompagnera un bout de chemin avant de vous saluer et de vous remercier ».
Il faut bien comprendre que de nos jours encore (malgré que le Japon soit devenu très moderne), toute la vie y est rythmée par des rituels qui ont pour but de « Célébrer et d’Honorer la vie ! ». C’est à travers eux que les Japonais entretiennent et perpétuent la tradition et les valeurs comme : le Respect, l’Honneur et l’Humilité.

Le rituel au Dojo n’échappe pas à cette règle. Par exemple, au moment où les élèves pénètrent dans la salle d’entraînement, ils font le salut. Les « nouveaux » doivent se faire admettre par les plus anciens et ils se placent au dernier rang. Lorsque le Maître arrive, les élèves sont en rang. Quand il est installé, le plus ancien donne le commandement, toutes les personnes saluent ensemble le Maître en posant leur front à terre. Dans le même temps et réciproquement, le Maître salue les élèves. Ils savent tous indépendamment de leur grade (parce que ça leur a été inculqué dès leur plus jeune âge) que pour recevoir l’enseignement il faut se faire tout petit. Cette marque d’Humilité est l’ingrédient de base !
Non ! Je ne suis pas en train de dire que pour pratiquer le Reiki nous devons nous faire brider les yeux ! Par contre, il serait opportun que nous mettions un peu de conscience dans notre vie et nous souvenir que pour qu’il y ait « Transmission », il faut au préalable qu’il y ait un transmetteur et dans le cas du Reiki, c’est le Maître. Faut-il encore qu’en face, il y ait un réceptacle pour recevoir ce qui sera transmis ; car s’il n’y a pas la coupe, le Graal, l’essence de l’enseignement ne sera jamais reçue. Ce qui revient à dire que du point de vue de l’élève également (de la personne qui veut suivre la Voie), il y a un certain positionnement à avoir.

Concrètement dans notre pratique, dans la relation avec nos élèves, avons-nous en tant « qu’Enseigneurs » la conscience de tisser un lien quelconque ? N’avons-nous en face de nous que des clients ? Quand aux personnes qui cheminent en notre compagnie (depuis un certain temps), ont-elles cette conscience là ? Comment se positionnent-elles par rapport à nous ?

 

Pour que les choses soient bien claires, je tiens à préciser que :
- Les personnes qui font la démarche de cheminer dans la Voie du Reiki sont libres à 100% des choix qu’elles font.
- Elles n’ont en aucune façon à nous justifier leurs choix.
- Sur un plan général, elles n’ont aucun compte à nous rendre.

De mon point de vue (outre les aspects qui relèvent de la morale ou de l’éthique), si je m’investis dans une relation avec un élève, cela signifie que je m’engage à le servir, de mon énergie à son énergie. C’est à dire que toute sa vie il peut appeler mon énergie. Cependant, quand on fait ce lien de KAJI avec quelqu’un, on ne peut le faire en toute sécurité que si on a l’assurance que de son côté il va aussi nourrir le KAJI. Pour cela, le minimum que nous puissions attendre en retour c’est qu’il nous respecte et qu’il nous honore, comme nous le respectons et comme nous l’honorons ! Hors ce n’est pas toujours le cas.


                                                                                                                       Expérience personnelle


Il peut nous arriver en tant que Maîtres de vivre des expériences affligeantes, voire pitoyables. Effectivement nous sommes par moment témoins, voire victimes de comportements désinvoltes qui sont bien loin des notions de KAJI. La Vie m’a fait l’Honneur d’accompagner un certain nombre de personnes, depuis le 1er degré jusqu’à la Maîtrise. Comme je l’ai déjà dit, j’ai toujours espoir que la relation soit fondée au minimum sur une forme de respect mutuel et c’est généralement le cas. Une fois cependant, une personne a trahi cet engagement non verbal, créant ainsi une situation délicate. Lorsque cela arrive, non seulement nous sommes affectés directement mais il y a toujours le risque que cela rejaillisse sur les autres élèves. Dés que nous avons confirmation de certains agissements, nous  devons immédiatement demander au mis en cause de suivre sa propre Voie. Après coup, il sera profitable d’analyser la situation pour en modifier les conséquences et bien sûr, en tirer quelques enseignements. Très souvent on se culpabilise, on se dit des tas de choses et notamment que : « C’est en partie de notre faute. » Probablement d’ailleurs, car nous n’avons sans doute pas mis tout en œuvre pour que cela ne se produise pas, nous n’avons pas été assez clair sur certains points, nous n’avons pas suffisamment bien manifesté notre désaccord, ou nous n’avons pas bien transmis certains enseignements, etc. 
A présent, lorsque je regarde le film de l’évènement vécu, me revient le souvenir d’avoir eu par moments quelques vagues impressions dérangeantes sur le positionnement réel de la dite personne. J’ai pensé à l’époque que les signes qu’il me semblait percevoir n’étaient que le fruit de mon imagination, et je m’en suis remis à la justice Divine en me disant :

                                                                   « Si cela est bien réel, la vérité éclatera. Si cela n’est pas, qu’il en soit ainsi ! ».

Je garde présent à l’esprit le dicton suivant :

                                                                                            « On peut tromper une personne toute notre Vie ! 

                                         On peut tromper tout le monde un moment, mais on ne peut tromper tout le monde tout le temps ! ».  
Alors, est-ce que je n’ai pas voulu voir la vérité ? Très sincèrement je ne le pense pas. Simplement par nature j’ai toujours l’élan d’accorder ma confiance à l’Être humain. Ce qui à mon avis le renvoie à sa propre responsabilité et l’aide à s’élever. Evidemment cela ne fonctionne pas toujours, car tous les Êtres n’aspirent pas à la transcendance. En revanche, nous ne devons pas tolérer ces comportements et encore moins accepter qu’ils se perpétuent car, comme dit le proverbe arabe :

                                                                                           « Si quelqu’un abuse de toi une fois, c’est de sa faute.

                                                                         Si la même personne abuse de toi plusieurs fois, c’est de la tienne ! »

 

En bref, lorsque nous permettons la récidive nous devenons complices et nous n’avons alors qu’à nous en prendre à nous-mêmes. Je pense que si nous nous respectons, nous avons le devoir de nous protéger et au-delà de notre propre personne, nous devons défendre l’intégrité et la tranquillité de ceux qui nous accompagnent.
Désormais la situation est assainie, notre groupe de travail est protégé et les personnes qui avaient été témoins de certains faits sont soulagées.

Ce genre d’expérience, même s’il n’est jamais souhaitable, nous fait grandir quelque part. Aujourd’hui la page est tournée, je n’ai plus d’amertume, ni de ressentiment. Si je repense à cette personne, je me dis qu’elle chemine à son rythme et que son parcours, comme celui de chacun d’entre nous, est semé d’embûches.
J’ai bien compris la leçon, je suis à nouveau parfaitement en Paix et en Harmonie avec moi-même, avec les personnes qui cheminent en ma compagnie (que je remercie ici), et avec l’Univers.
 
                                                                                                                                   Merci la VIE !

 
                                                                                                                                 Janvier 2010